Voir un cheval qui bave de façon inhabituelle suscite souvent des questions, voire une inquiétude légitime. Que ce soit un écoulement de bave abondant ou une simple salivation excessive, différents facteurs peuvent se cacher derrière ce phénomène. Analyser ces signaux permet d’intervenir rapidement et d’assurer le bien-être de l’animal.
Les principales causes d’hypersalivation chez le cheval
Quand on observe une hypersalivation ou un écoulement de bave chez un cheval, plusieurs pistes méritent d’être explorées. Parfois bénignes, parfois plus sérieuses, ces causes varient selon l’âge, l’état général et l’environnement du cheval.
Certains signes associés comme un gonflement de la bouche, une odeur inhabituelle, ou encore des difficultés à avaler invitent à mener une investigation approfondie. Mieux connaître les phénomènes à surveiller aide donc à mieux accompagner l’animal en cas de problème.

L’irritation buccale et ses origines fréquentes
L’une des raisons courantes pour lesquelles un cheval peut présenter un écoulement de bave est liée à une irritation buccale. La présence d’un corps étranger coincé entre les dents, un bout de bois ou même un brin de foin abrasif peut créer une gêne immédiate dans la cavité orale du cheval.
La salivation excessive s’explique alors par une réaction naturelle : elle facilite l’expulsion de l’élément indésirable tout en protégeant les muqueuses sensibles de la bouche. Parfois, le harnachement inadapté ou un mors trop serré peuvent aussi irriter la commissure des lèvres et provoquer un écoulement de salive.
L’inflammation de la bouche et les ulcères buccaux
Une inflammation de la bouche, appelée stomatite, apparaît fréquemment chez les chevaux exposés à des blessures ou à certains agents infectieux. L’apparition d’ulcères buccaux sur les gencives ou la langue provoque généralement une hypersalivation, car la douleur ou l’inconfort entraînent une stimulation réflexe accrue des glandes salivaires.
Ces lésions peuvent résulter d’aliments coupants, de carences vitaminiques ou de maladies sous-jacentes. Il convient d’être attentif aux changements dans le comportement alimentaire, surtout si la mastication devient laborieuse ou que le cheval semble rechigner devant son seau.
L’intoxication ou empoisonnement : quand la salivation devient un signal d’alerte
Certains types d’intoxication ou d’empoisonnement se manifestent très souvent par une hypersalivation soudaine. Les substances toxiques, accidentellement ingérées au pré ou mélangées au fourrage, déclenchent une réaction rapide du système digestif du cheval.
Des symptômes d’accompagnement – comme des troubles neurologiques, une agitation anormale ou une perte brutale d’appétit – doivent inciter à rechercher la cause du problème sans attendre. Rapidement identifier et mettre à l’écart la substance incriminée améliore les chances de guérison.
Les plantes toxiques responsables de salivation excessive
Différentes plantes toxiques disséminées dans les pâtures sont parfois à l’origine d’un écoulement de bave inhabituel. Le trèfle chargé de mycotoxines ou certaines espèces d’herbes vénéneuses possèdent un effet irritant puissant sur la bouche et la gorge du cheval.
Après ingestion, ces végétaux déclenchent souvent une hypersalivation persistante, assortie de démangeaisons ou de plaies visibles dans la cavité buccale. Un examen des pâturages ainsi qu’une connaissance des espèces à risque offrent une prévention supplémentaire, notamment lors de la mise à l’herbe au printemps.
L’empoisonnement chimique et les risques liés au matériel
Outre les végétaux, l’exposition à des produits chimiques ou à des matières dangereuses (nettoyants, engrais, peintures, etc.) peut conduire à des symptômes similaires. Par exemple, un seau mal rincé ayant contenu un résidu toxique suffit à provoquer des signes digestifs et une salivation excessive.
Pour limiter ces accidents, il convient de garder tous les produits potentiellement nocifs hors d’atteinte des animaux. Inspecter régulièrement les équipements et éviter le stockage d’objets dangereux près de l’aire d’alimentation aide grandement à protéger le troupeau contre toute forme d’intoxication.
Maladies graves et problèmes systémiques associés à la bave
Bien que plus rares que les causes locales, certains états pathologiques graves expliquent également une salivation exagérée chez le cheval. Ces affections demandent une vigilance particulière, étant donné leur potentiel contagieux ou leur évolution sévère.
Dans certains cas, l’origine du problème n’est pas limitée à la bouche mais implique d’autres organes ou systèmes. Identifier ces signaux d’alarme dès leur apparition représente donc un enjeu majeur pour la santé du cheval et celle de son entourage.
Problèmes de déglutition et pathologies associées
Lorsque le cheval rencontre des difficultés à avaler – qu’il s’agisse de blocage œsophagien, de paralysie partielle ou de masse compressive –, la salive a tendance à s’écouler par la bouche plutôt que d’emprunter le circuit digestif habituel.
Ces problèmes de déglutition nécessitent souvent un bilan vétérinaire approfondi. Des solutions adaptées existent, mais seul un diagnostic clair permet de choisir le traitement approprié et d’éviter les complications telles que l’aspiration pulmonaire.
Maladies virales et bactériennes à ne pas négliger
Certaines maladies graves, telles que la rage, l’artérite virale ou des infections causées par certains virus et bactéries affectant les voies respiratoires ou le système nerveux central, se traduisent parfois par un état d’hypersalivation marqué.
En plus de la bave, on peut relever d’autres signes évocateurs : fièvre, troubles du comportement, faiblesse musculaire, ou épisodes de colique. Face à une suspicion, isoler rapidement l’animal et consulter un vétérinaire reste la conduite à adopter pour éviter toute propagation ou aggravation.
Que faire face à un cheval qui présente une salivation excessive ?
Agir vite face à un épisode d’hypersalivation commence par observer l’état général de l’animal. Présente-t-il d’autres symptômes inquiétants ? Est-ce un événement isolé ou un problème récurrent ? Une première inspection de la bouche et une vérification de l’environnement immédiat fournissent souvent des indications précieuses.
Rassemblez aussi des éléments utiles pour faciliter le travail du vétérinaire : notez la quantité et l’aspect de la bave, repérez d’éventuelles plaies ou gonflements, informez-vous sur la composition de la ration et les nouvelles habitudes alimentaires.
- Inspecter la cavité buccale (si le cheval coopère)
- Vérifier la disponibilité d’eau fraîche et propre
- Séparer le cheval du reste du groupe si une maladie contagieuse est soupçonnée
- Éviter tout accès à des plantes toxiques ou produits suspects
- Consulter rapidement un professionnel de santé animale
Questions fréquentes sur la bave chez le cheval
Pourquoi mon cheval a-t-il soudainement une salivation excessive ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet écoulement de bave inhabituel. Parmi eux : une irritation buccale due à un aliment blessant, la présence d’un corps étranger coincé, le contact avec une plante toxique, ou un début de maladie. Si d’autres symptômes surviennent (fièvre, gonflement, difficulté à manger), consultez un vétérinaire rapidement.
- Irritation mécanique (foin, mors, corps étrangers)
- Réaction à une plante toxique consommée récemment
- Début d’une infection locale ou systémique
L’hypersalivation chez le cheval est-elle le signe d’une intoxication ?
L’intoxication ou l’empoisonnement font effectivement partie des causes possibles de la salivation excessive. De nombreux poisons agissent en provoquant une forte irritation de la bouche ou en troublant la capacité à avaler. Il faut examiner les pâtures, éliminer toute source potentielle de plante toxique ou produit chimique, puis demander conseil à un professionnel.
- Contact avec des engrais ou pesticides non sécurisés
- Ingestion de baies ou feuilles toxiques
Quels signes supplémentaires doivent alerter en cas de bave anormale ?
En plus d’un écoulement de bave, la présence de ganglions gonflés, de fièvre, d’abattement ou de difficultés respiratoires doit amener à consulter rapidement. D’autres signes préoccupants incluent des ulcères buccaux, des tremblements ou des troubles d’équilibre.
- Refus de s’alimenter ou baisse d’appétit spectaculaire
- Comportements inhabituels (agitation, isolement)
| Symptôme associé | Possibilité médicale |
|---|---|
| Fièvre + bave | Maladie virale ou bactérienne |
| Bave mousseuse + toux | Affection respiratoire ou allergie grave |
| Tremblements + bave | Intoxication sévère ou maladie neurologique |
Comment prévenir la salivation excessive chez le cheval ?
Pour éviter les épisodes d’hypersalivation, il vaut mieux assurer une surveillance régulière de l’environnement et de l’alimentation. Évacuer toute plante toxique des pâturages, adapter le matériel (mors, filets) et inspecter la bouche pendant les soins permet de limiter les soucis buccaux récurrents.
- Pâturage sécurisé et aliments contrôlés
- Hygiène irréprochable du matériel équestre
- Consultations préventives auprès du vétérinaire
